Pêches (non Pêcheries)

Au nouveau ministre québécois de l’Agriculture

On vient de vous nommer ministre de l’Agriculture, des PÊCHERIES et de l’Alimentation. Le mot du centre détonne. On a affaire à deux activités (agriculture, alimentation) et à des installations ou à des endroits de pêche. Le mot « pêcherie », pris au sens d’industrie de la pêche, est un régionalisme. Il survit ici en raison de sa proximité avec le mot anglais « fisheries ». À Paris, on a eu des ministères del’Agriculture et de la Pêche. Par exemple en 2009 et 2010. À Ottawa, on a toujours un ministère appelé Pêches et Océans Canada. Si l’occasion s’en présente, le gouvernement devrait envisager la correction du nom du ministèreet faire en sorte que trois activités soient prises en compte, non deux activités et des installations ou des zones de pêche.

Secteur général (non Secteur régulier)

Lettre adressée à la journaliste Raphaëlle Plante du journal Le Soleil (Québec)

Madame,
Le Soleil du 20 septembre courant (p. 4) publie votre article intitulé « Le début d’un grand pèlerinage ». Au dessus du titre de votre article, on lit : « Fin du programme régulier à Cardinal-Roy ». À la fin de l’articulet intitulé « Des citoyens inquiets », on lit : « la fermeture du secteur régulier à Cardinal-Roy ».

Dans votre article, il est fait mention du nombre d’élèves « régulier » à Cardinal-Roy. Pourquoi ce mot est-il écrit entre guillemets ? L’emploi du mot « régulier » dans ces deux cas m’intrigue. Que signifie-t-il ? Je ne vois pas quel sens ce mot français peut avoir dans le contexte. Il me paraît être une traduction fautive de l’anglais regular.

Plus loin, vous reproduisez une réponse donnée à une question par madame Dion. En parlant des critères du ministère de l’Éducation, cette dernière a dit que l’école Cardinal-Roy « ne les rencontre pas ». Le mot « rencontre » est ici un anglicisme de to meet. En français, on remplit les conditions. Vous auriez pu coller un sic à ce mot pour bien indiquer qu’il est fautif dans le contexte et qu’il n’est pas de vous. Ainsi votre réputations aurait été sauve.

Vous devinez facilement que ces observations vous sont adressées dans un but constructif, est-il besoin de le mentionner, et non pour faire la leçon. L’écrivain Albert Camus, Prix Nobel de littérature 1957, a écrit : « Les journalistes : les instituteurs du grand nombre. » Vous avez une grande mission.


Robert AUCLAIR
Association pour le soutien et l’usage de la langue française (ASULF)

Lancé (au lieu de « initié »)

Lettre adressée au journal Le Devoir

Votre journal a publié le 27 septembre dernier un article intitulé « Des artistes à la défense de l’expression culturelle » (p. B 3). Le sous-titre se lisait ainsi : « Ils sont une quarantaine à signer une lettre initiée par Québec Solidaire à propos des négociations de l’ALENA ».

La première phrase de l’article signé par Catherine Lalonde se lit ainsi : « Une quarantaine d’artistes et d’artisans du milieu culturel et littéraire ont signé une lettre ouverte lancée par Québec Solidaire…. « .

On ne peut s’empêcher de remarquer l’auteur de l’article écrit : lettre lancée par Québec Sodidaire alors que le titreur écrit : « Lettre initiée… »

Ce dernier n’a pas cru bon de reprendre le vocabulaire de la journaliste et y est allé de l’emploi du verbe initier, calqué sur to initiate. Nous ne savons pas pourquoi il a écarté le verbe utilisé par la journaliste, on peut faire plusieurs hypothèses. Le fait demeure qu’il a employé un verbe français dans un sens copié de l’anglais et dénoncé par les linguistes. Est-il au courant de ce fait ? S’est-il posé la question ?

Il serait bon de l’informer de ce qui précède et de l’inviter à soigner la langue des titres qu’il rédige.

Robert AUCLAIR
Association pour le soutien et l’usage de la langue française (ASULF)

Solde (non : vente)

Lettre adressée aux épiceries Maxi

Objet : Vente

Madame, Monsieur,
Nous avons reçu votre prospectus intitulé « Vente à 2 $ ». Nous vous avons déjà invité gentiment dans le passé à abandonner le mot « vente » dans votre publicité et à le remplacer par SOLDE. Vous êtes restés sourds à notre appel jusqu’à présent.

Nous revenons à la charge aujourd’hui en vous rappelant que vous faites tous les jours dans vos établissements de nombreuses transactions qui sont des ventes. Dans votre annonce, vous voulez dire à vos clients éventuels qu’il va s’agir de ventes au rabais ou de soldes et non pas de ventes au prix courant ou habituel. Solde est le mot à privilégier en français. Il est d’ailleurs de plus en plus généralisé dans le commerce de la part de vos concurrents. Vous serez à même de le constater si vous jetez un coup d’œil sur la publicité qui paraît dans les journaux et à la télévision. C’est pourquoi nous vous invitons à employer le mot « solde ». Vous contribuerez ainsi à la diffusion d’un vocabulaire correct au Québec et vous serez bien compris de vos clients.

Nous vous laissons avec cette suggestion adressée dans un but constructif, est-il besoin de le mentionner et non pour faire la leçon. Pouvons-nous espérer cette fois que vous accepterez notre suggestion?
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.

Robert AUCLAIR

Disposition de temporisation

Note transmise à Radio-Canada et à l’animateur matinal Claude Bernatchez par un membre de l’Asulf

Ces derniers jours, avec cette soi-disant entente Mexique-États-Unis, on entend toujours CLAUSE CRÉPUSCULAIRE à la radio de Radio-Canada (je suis de Québec et j’écoute votre émission tous les matins et les bulletins des nouvelles), terme absolument incorrect comme le montre http://www.granddictionnaire.com/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8376710. Je suis certain que vous tous et toutes le savez pertinemment. Pourquoi ne pas employer le bon terme, quitte à mentionner qu’on dit CLAUSE CRÉPUSCULAIRE sous l’effet de l’anglais, mais sans l’utiliser systématiquement par la suite?

Si vous n’exposez pas vos auditeurs et auditrices au bon terme (et ce n’est pas le seul cas de mauvais terme utilisé : on entend aussi CLAUSE GRAND-PÈRE http://www.granddictionnaire.com/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8362973), comment voulez-vous qu’ils ou qu’elles l’apprennent, qu’il soit connu et véhiculé! C’est quand même une de vos responsabilités en tant que diffuseur public payé par l’État que de faire le maximum pour que la meilleure langue possible soit utilisée lors des émissions de la radio d’État.

Joceleyn Lavoie

Vendredi fou

29 avril 2018 : Vendredi fou

À monsieur Marc Allard (Le Soleil)

Vous écrivez dans un journal de Québec, mais vous semblez ignorer un néologisme en émergence ici : « Vendredi fou ». Vous écrivez, dans l’édition du 28 avril (p. M5, 5e col.) : «… les gens se battent pour un téléviseur au Black Friday ». Le 27 novembre dernier, votre quotidien publiait treize annonces utilisant « Vendredi fou », trois, « Vendredi noir », et pas un seul « Black Friday ». À la même date en 2015, les chiffres étaient, dans le même ordre, 12, 5 et 2 (L’Expression juste/ Asulf, mars 2018, p. 1). La formule « Vendredi fou » semble s’imposer contre l’anglicisme et contre le calque « Vendredi noir ». L’OQLF favorise le néologisme. Sans doute, participerez-vous au mouvement en faveur de l’amélioration du français québécois grâce à son dynamisme interne. Les entreprises françaises n’y sont pas encore parvenues qui lancent «French Days» (sic) ces jours-ci pour contrer « Black Friday ».

Gaston Bernier