Pêches (non Pêcheries)

Au nouveau ministre québécois de l’Agriculture

On vient de vous nommer ministre de l’Agriculture, des PÊCHERIES et de l’Alimentation. Le mot du centre détonne. On a affaire à deux activités (agriculture, alimentation) et à des installations ou à des endroits de pêche. Le mot « pêcherie », pris au sens d’industrie de la pêche, est un régionalisme. Il survit ici en raison de sa proximité avec le mot anglais « fisheries ». À Paris, on a eu des ministères del’Agriculture et de la Pêche. Par exemple en 2009 et 2010. À Ottawa, on a toujours un ministère appelé Pêches et Océans Canada. Si l’occasion s’en présente, le gouvernement devrait envisager la correction du nom du ministèreet faire en sorte que trois activités soient prises en compte, non deux activités et des installations ou des zones de pêche.

En garde, messager! Tics langagiers… 3e tirage

Le recueil de chroniques du secrétaire général est un succès d’estime. Publié à compte d’auteur en juin dernier, vendu de main à main et épuisé depuis, un nouveau tirage sera mis en vente à partir du 15 décembre. On le commande à distance à https://lepressier.com , à Asulf@globetrotter.net ou à BGaston1@videotron.ca. (182 p.; 25 $).

En garde, messager! Tics langagiers des médias québécois / Gaston Bernier ; préfacé par Antoine Robitaille ; édité par Catherine Bernier; (Montréal) : Les Éditions Sancho Panza / CB, juin 2018, 182 p., ill.

Secteur général (non Secteur régulier)

Lettre adressée à la journaliste Raphaëlle Plante du journal Le Soleil (Québec)

Madame,
Le Soleil du 20 septembre courant (p. 4) publie votre article intitulé « Le début d’un grand pèlerinage ». Au dessus du titre de votre article, on lit : « Fin du programme régulier à Cardinal-Roy ». À la fin de l’articulet intitulé « Des citoyens inquiets », on lit : « la fermeture du secteur régulier à Cardinal-Roy ».

Dans votre article, il est fait mention du nombre d’élèves « régulier » à Cardinal-Roy. Pourquoi ce mot est-il écrit entre guillemets ? L’emploi du mot « régulier » dans ces deux cas m’intrigue. Que signifie-t-il ? Je ne vois pas quel sens ce mot français peut avoir dans le contexte. Il me paraît être une traduction fautive de l’anglais regular.

Plus loin, vous reproduisez une réponse donnée à une question par madame Dion. En parlant des critères du ministère de l’Éducation, cette dernière a dit que l’école Cardinal-Roy « ne les rencontre pas ». Le mot « rencontre » est ici un anglicisme de to meet. En français, on remplit les conditions. Vous auriez pu coller un sic à ce mot pour bien indiquer qu’il est fautif dans le contexte et qu’il n’est pas de vous. Ainsi votre réputations aurait été sauve.

Vous devinez facilement que ces observations vous sont adressées dans un but constructif, est-il besoin de le mentionner, et non pour faire la leçon. L’écrivain Albert Camus, Prix Nobel de littérature 1957, a écrit : « Les journalistes : les instituteurs du grand nombre. » Vous avez une grande mission.


Robert AUCLAIR
Association pour le soutien et l’usage de la langue française (ASULF)

Lancé (au lieu de « initié »)

Lettre adressée au journal Le Devoir

Votre journal a publié le 27 septembre dernier un article intitulé « Des artistes à la défense de l’expression culturelle » (p. B 3). Le sous-titre se lisait ainsi : « Ils sont une quarantaine à signer une lettre initiée par Québec Solidaire à propos des négociations de l’ALENA ».

La première phrase de l’article signé par Catherine Lalonde se lit ainsi : « Une quarantaine d’artistes et d’artisans du milieu culturel et littéraire ont signé une lettre ouverte lancée par Québec Solidaire…. « .

On ne peut s’empêcher de remarquer l’auteur de l’article écrit : lettre lancée par Québec Sodidaire alors que le titreur écrit : « Lettre initiée… »

Ce dernier n’a pas cru bon de reprendre le vocabulaire de la journaliste et y est allé de l’emploi du verbe initier, calqué sur to initiate. Nous ne savons pas pourquoi il a écarté le verbe utilisé par la journaliste, on peut faire plusieurs hypothèses. Le fait demeure qu’il a employé un verbe français dans un sens copié de l’anglais et dénoncé par les linguistes. Est-il au courant de ce fait ? S’est-il posé la question ?

Il serait bon de l’informer de ce qui précède et de l’inviter à soigner la langue des titres qu’il rédige.

Robert AUCLAIR
Association pour le soutien et l’usage de la langue française (ASULF)

Solde (non : vente)

Lettre adressée aux épiceries Maxi

Objet : Vente

Madame, Monsieur,
Nous avons reçu votre prospectus intitulé « Vente à 2 $ ». Nous vous avons déjà invité gentiment dans le passé à abandonner le mot « vente » dans votre publicité et à le remplacer par SOLDE. Vous êtes restés sourds à notre appel jusqu’à présent.

Nous revenons à la charge aujourd’hui en vous rappelant que vous faites tous les jours dans vos établissements de nombreuses transactions qui sont des ventes. Dans votre annonce, vous voulez dire à vos clients éventuels qu’il va s’agir de ventes au rabais ou de soldes et non pas de ventes au prix courant ou habituel. Solde est le mot à privilégier en français. Il est d’ailleurs de plus en plus généralisé dans le commerce de la part de vos concurrents. Vous serez à même de le constater si vous jetez un coup d’œil sur la publicité qui paraît dans les journaux et à la télévision. C’est pourquoi nous vous invitons à employer le mot « solde ». Vous contribuerez ainsi à la diffusion d’un vocabulaire correct au Québec et vous serez bien compris de vos clients.

Nous vous laissons avec cette suggestion adressée dans un but constructif, est-il besoin de le mentionner et non pour faire la leçon. Pouvons-nous espérer cette fois que vous accepterez notre suggestion?
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.

Robert AUCLAIR